Mes parents ... ma soeur et mes deux frères aînés

Mes parents ... ma soeur et mes deux frères aînés
D'origine gitane par ma mère, d'origine noble par mon père, j'ai pris le meilleur des deux pour devenir ce que je suis et essayer de faire de mes enfants les adultes de demain.
Des gens du voyage j'ai gardé l'amour des grands espaces et de la liberté, l'amour de ma famille, la musique.
Des autres j'ai choisi : l'éducation, l'école et les livres, une volonté de m'en sortir sans dépendre de la société pour manger, un travail qui me plaît et des collègues agréables, un compagnon d'une autre origine, des enfants bien élevés avec des projets d'avenir...
Les valeurs que je souhaite transmettre à mes enfants : travailler pour obtenir ce que l'on désire, se cultiver le plus possible, vous serrer les coudes, faire de votre métissage une richesse mais que vos origines ne vous empêchent jamais de devenir ce que vous voulez être.
Sur cette photo : ma mère; Marguerite, née dans une caravane tirée par des chevaux qui abritait 10 enfants et les parents, orpheline de mère à 8 ans et trimballée dans toute la famille avant sa rencontre à 18 ans avec mon père; Georges, né noble à Arquennes mais déshérité pour cause de fréquentation gitane dans sa jeunesse ... mes parents avaient 35 ans de différence. Ca ne les a pas empêchés de fonder une famille et d'avoir cinq enfants dont je suis la dernière. Les trois aînés : ma soeur et mes deux frères.

# Posté le jeudi 06 mars 2008 10:38

Modifié le dimanche 09 mars 2008 04:14

Papa et Maman début des années 50.

Papa et Maman début des années 50.
Mes parents au début de leur vie ensemble. Pendant près de deux ans, ils ont vécu sur les routes. Travaillant et dormant dans des fermes. Ma soeur est née pendant cette période d'errance. Il paraît que malgré les difficultés, les nuits dans les granges ou dans les forêts de pins, à deux la vie était belle.

# Posté le samedi 08 mars 2008 16:18

Modifié le dimanche 09 mars 2008 04:13

Ma soeur et mes trois frères.

Ma soeur et mes trois frères.
Quatre garnements qui grandissaient du mieux qu'ils pouvaient. Mes parents sont arrivés à Bruxelles début des années 50. Ils se sont mariés à l'Hôtel de ville de la Grand Place, malheureusement il n'y a pas de photo. Pendant une quinzaine d'années ils ont vécu dans le quartier de la Marolle. Cette photo a été prise le long du canal. Hormis les deux premières années de leur rencontre, quand ils travaillaient comme journaliers, mes parents ont toujours été sédentaires. Difficile dans une capitale de vivre en caravane.

# Posté le samedi 08 mars 2008 16:23

Modifié le dimanche 09 mars 2008 04:12

Une verdine comme celle où est née ma mère.

Une verdine comme celle où est née ma mère.
Ma mère est née en 1931. Dans la caravane où vivait toute la famille, soit dix enfants et les parents. Les caravanes étaient tirées par des chevaux et sa famille voyageait essentiellement dans le borinage, à la frontière française. Ils s'arrêtaient à l'entrée des villages et les parents réparaient les chaises en cannage ou en paille, tressaient et vendaient des paniers, réparaient chaudrons et casseroles et même les parapluies. Ils aiguisaient aussi les couteaux et les outils des fermiers. Leur passage était généralement attendu même si les gendarmes leur menait la vie dure à cause de la réputation de voleurs et de bagarreurs que traînaient derrière eux les gitans. Bien sûr il y en avait des voyous parmi les gens du voyage, mais la plupart d'entre eux gagnaient honnêtement leur vie. Par contre, s'il existait bien une carte de scolarité à valider dans les villages visités, les enfants avaient bien peu l'occasion de fréquenter l'école. En effet, les gendarmes limitant le temps de stationnement dans les villages, les enfants n'avaient jamais le temps de s'intégrer à une classe. De plus l'ostracisme dont ils étaient victimes ne les encourageaient pas à fréquenter ces lieux d'érudition où on les taxait de "sale gitan voleur de poules". Ma mère y a été en tout trois mois dans sa vie. Elle y a juste appris l'alphabet et quelques rudiments de calcul. Par la suite elle apprit toute seule à lire et à écrire en déchiffrant les journaux. Sa devise préférée ? " Quand on veut, on peut".
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# Posté le samedi 08 mars 2008 16:34

Modifié le dimanche 09 mars 2008 04:11

Des milliers de morts

Des milliers de morts
Après le décès de ma grand-mère en 1939, la famille connaît bientôt les affres de la guerre. Comme tous les gens du voyage ils sont contraints de se cacher pour échapper à la déportation massive des tziganes de toutes origines. Au même titre que les juifs, même si on en parle moins, les roms, manouches, gitans, tziganes sont rafflés dans toute l'europe et envoyés dans des camps de concentration où on les soumet à des expériences médicales et à des tortures avant de les envoyer mourir en chambre à gaz. Restée seule avec son père, puisqu'elle est la plus jeune, ils remontent en roulotte jusqu'à Courcelles chez un oncle. Ils sont là depuis peu de temps lorsque les Allemands envahissent la Belgique. Ils évacuent alors avec toute la population vers la France. Au retour d'évacuation, quand ils retrouvent leur roulotte, mon grand père plonge dans une profonde dépression : le décès de sa femme, sa famille dispersée, les horreurs vues le long des routes pendant l'évacuation le font craquer, il met le feu à la roulotte qui contient toutes leurs maigres possessions et il est interné pour la durée de la guerre dans un hopital.

# Posté le samedi 08 mars 2008 16:41

Modifié le dimanche 09 mars 2008 04:04